J'étais censée être en colère contre lui, cela m'était égal. J'était censée en voloir à la terre entière, je m'en fichais. Je tendis la main, tâtonnai à la recherche de ses doigts et me rapprochai. Ses bars m'enveloppèrent, me plaquant contre son torse. Mes lèvres traquèrent les siennes, inspectant sa gorgen son menton, jusqu'à ce qu'elles fussent au but. Il me donna un baiser long et tendre, puis rit doucement.
- J'étais prêt à subir un courroux plus fort que la rage des grizzlis, et à quoi ai-je droit ? Je devrais te fâcher plus souvent.
-Donne-moi une minute pour démarrer, plaisantai-je en l'embrassant derechef.
- Prends tout ton temps.
Ses doigts fouragèrent dans mes cheveux, mon souffle devint plus heurté.
- Demain matin, alors.
- Comme tu voudras.
- Je suis heureuse que tu sois rentré.
- Moi aussi, je suis content d'être ici.
Je resserrai ma prise autour de son cou. Sa main s'enroula autour de on épaule avant de descendre le long de mon bras, d'effleurer mes cotes, ma taille, ma hache, ma cuisse, mon genou, puis de s'arrêter sur mon mollet. Soudain, il souleva ma jambe, m'amenan à moitié sur lui. Je cessai de respirer. D'ordinaire, il n'autorisait pas d'aussi sensuels attouchements. Malgré la fraîcheur de ses doigts, je m'em=nflammai. Ses lèvres chatouillaient le creux de ma gorge.
- Je ne voudrais pas déclencher ton ire prématurémment, mais voudrais-tu m'expliquer en quoi ce lit te deplaît ?
Sans me laisser le temps de répondre ni même de saisir le sens de ses paroles, il roula sur le flanc et prit mon visage entre ses paumes, l'inclinant de telle façon que sa bouche pût reposer sur mon cou. Mon souffle devit bruyant au point que c'en était presque embarrassant, mais je n'éprouvais aucune honte.
- Alors, ce lit ? insista-t-il. Moi, je le trouve bien.
- Il était inutile, haletai-je.
Il m'atirra à lui, ma bouche se colla à la sienne. Lentement, cette fois, il roula de manière à se positionner au-dessus de moi. Son corp de marbre froid s'appuya contre le mien, bien qu'il evitât de peser sur moi. Le sang battait si fort à mes oreilles que j'eus du mal à entendre son rire léger.
- Voila qui est sujet à débat, objecta-t-il. Nos galipettes seraient difficles à exécuter sur un canapé.
Glacée comme la neige, sa longue lécha le contour de mes lèvres. J'avais le vertige à force d'avoir le souffle court.
- As-tu changé d'avis ? demandai-je, hors d'haleine.
Avait-il revu à la baisse ses règles de prudence ? Ce lit avait peut-être plus de sens que je ne lui en avait prêté au départ. J'attendis sa réponse, mes côtes rendues douloureuses par la chamade qui affolait mon coeur. Il soupira, roula de nouveau sur le coté.
- Ne sois pas sotte, Bella, me morigéna-t-il. J'essayais seulement d'ilustrer les avantages d'une couche que tu n'as pas l'air d'apprécier. Ne t'emballe pas.
- Trop tard ! Et ce lit me plaît.
- Tant mieux. À moi aussi.
- Pour autant, il est inutile si nous ne nous emballons pas.
- Pour la centième fois, je te répète que c'est trop dangeureux.
- J'aime les risques.
- Je sais.
Hésitation